Voyager par les livres, explorer par l’image. Ce blog mêle passion de la lecture, photographie et fascination pour les grandes merveilles du monde. Un espace pour relier les mots, les lieux et le regard, et redécouvrir le patrimoine mondial sous un angle vivant et inspiré.
Le Pont Mirabeau est sans doute le poème le plus célèbre de Guillaume Apollinaire. Publié dans le recueil Alcools en 1913, il est devenu le symbole de la nostalgie amoureuse et de la modernité poétique.
L'histoire derrière le poème
Ce texte a été écrit suite à la rupture douloureuse d'Apollinaire avec la peintre Marie Laurencin. Le poète empruntait souvent ce pont pour se rendre chez elle à Auteuil. En regardant l'eau couler, il fait un parallèle entre le fleuve qui ne revient jamais en arrière et ses amours qui s'éteignent.
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours.
Faut-il qu'il m'en souvienne ?
La joie venait toujours après la peine.
Vienne la nuit sonne l’heure,
Les jours s’en vont je demeure.
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe.
Des éternels regards l’onde si lasse.
Vienne la nuit sonne l’heure,
Les jours s’en vont je demeure.
L’amour s’en va comme cette eau courante.
L’amour s’en va,
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente.
Vienne la nuit sonne l’heure,
Les jours s’en vont je demeure.
Passent les jours et passent les semaines.
Ni temps passé,
Ni les amours reviennent.
Sous le pont Mirabeau coule la Seine.
Vienne la nuit sonne l’heure,
Les jours s’en vont je demeure.
Qui était Guillaume Apollinaire ?
(1880-1918), de son vrai nom Wilhelm de Kostrowitzky, est l'un des poètes français les plus importants du XXe siècle. Véritable précurseur de la modernité, il a marqué l'histoire de la littérature par son esprit d'innovation.
il était :
Un pionnier : Considéré comme l'un des précurseurs du surréalisme (terme qu'il a lui-même inventé) et un défenseur acharné du cubisme en peinture.
Un aventurier de l'art : Ami de Pablo Picasso et de Jean Cocteau, il cherchait sans cesse à briser les codes classiques.
Un destin tragique : Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé à la tête par un éclat d'obus. Affaibli, il meurt de la grippe espagnole en novembre 1918, deux jours avant l'Armistice.